Il était une fois…

Qui suis-je? Ou plutôt qui êtes-vous? La réponse est simple, nous sommes pareil. J’ai ouvert les yeux sur un monde caché, cruel et à la face aliénante. On dit que l’homme est civilisé, qu’il n’est plus tel le mythe du bon sauvage, qu’il est raisonnable. Mais a-t-on idée de tout ce qui se cache en lui? En nous? Nous restons cloîtrés dans notre vie, les yeux voilés d’un bonheur factice, d’un espoir rêvé bien trop grand pour être réalisé. J’ai décidé d’ouvrir les yeux sur ce monde et de faire partager mes visions, ces mythes que l’on croit plus irréel que proche de nous, et de plus en plus fréquent.



Les mains vides…

Je n’y peux rien, nous n’y pouvons rien. On se rend compte de la misère que beaucoup trop tard. Quand on décide enfin à ouvrir les yeux, le poivre de la vérité nous brûle les yeux. Comme du chlore, il blanchit nos pupilles, nous redevenons aveugles. La vérité nous est inssuportable. Inssuportable car beaucoup trop violente, choquante… Nous sommes aséptisés par une société qui nous malmène. Elle ne se bat pas pour nous mais contre nous. Contre nos idées, contre nos démarches. L’aliénation commence par la télévision, en passant par la radio et finit par la publicité. Mais nous aurons beau nous prétendre anti-capitaliste, nous ne pouvons pas faire autrement que d’y plonger la tête la première. Il est impossible de contourner ce système dans lequel nous sommes si profondement plongés, presque noyés dans la masse sans nom de nos semblables. Celui qui dit : »je n’adhère pas à ces méthodes, je refuse d’y participer » se vera mourir seul. Nous pouvons être contre ces méthodes, mais nous ne pouvons y échapper.

En effet, l’aliénation est telle que chaque recoin de notre pays (voir peut-être du monde) possède la même doctrine. Nous sommes donc dans l’obligation de mettre nos mains dans la boue. Et pourquoi ne pas jouir d’un bain thermal gratuitement? Nous consommons aussi bien que les autres, les même produits qui sont sous la même enseigne. Nous vivons dans le même pays, partageons les même valeurs démocratiques, si bien que celui qui se dit être anticapitaliste au point de boycotter leur production est un hypocrite. Nous nous devons de nous de nous battre, les petits gestes de chacuns feront le bonheur de demain.

Pour la petite histoire, c’était hier, dans le tram (direction chez moi). Une femme assisse avec ses enfants sur un siège leur partage une pizza achetée sur le pouce. Voilée elle a les yeux baissés, les mains lestes et le visage pali par le gris de la région. Elle pense surement à ce qu’elle va bien pouvoir manger demain. Mais je dois descendre du tram, j’ai oublié d’acheter une bouteille d’eau pour la route. Je descends à un arrêt près d’un magasin de bien de consommation, j’y entre et je me rue vers le rayon boissons afin de me saisir de mon breuvage. Dans un tout autre registre, je croise, coincée dans un choix entre coca et orangina, deux petites filles. J’entends pas petites filles une dizaine d’années, point plus. Je ne puis dévier mon regard de leur acoutrement: slim (mode sauterelle), balerines, maquillages à gogo, sac à main Guess… Comment une jeunesse si frêle, fragil peut-être autant corrompue par une mode dérisoir. Moi qui pensais que cet âge était celui du développement de soi et non celui de l’abnégation de sa personne… Oui, il est certes évident que de si jeunes esprits encore inexpérimentés à la vie peuvent se laisser facilement exploiter (car c’est le mot) par une mouvance totalitaire: la mode.

Et moi? Etais-je autant soumis à la mode? Car on ne se rend pas compte de ce que l’on est quand nous sommes dans la situation. Je ne pense pas qu’à cette âge nous puissions nous détacher suffisament notre conscience de notre corps pour observer avec un plus grand angle ce dernier. De mon temps, si loin fut-il, la mode était-elle aussi acaparente qu’ajourd’hui? peut-être que moi aussi paraissais-je au yeux des plus grands comme une jeune « dévergondée ». Mais j’en doute, trop renfermée sur moi-même et trop peu sûre de moi, je ne portais que des habits Décathlon, et autres affaires plus masculines. D’ailleurs j’ai toujours ce penchant solide pour le bien-être d’être dans un jogging chez soi, puisqu’il est mal sain de le porter hors de chez soi… Ainsi, à 17 ans, je me soumets tout autant que ces jeunes filles aux modes de mon temps. C’est dérisoire n’est-il pas? Oui. Cependant, c’est ainsi. Pour ne pas être « rejeter » des autres, il faut s’accorder à un certain mode, à de certaines morales que la société d’uniformiste oblige. Néanmoins je pense qu’il faut garder nos penchants, nos passions et nos désirs, aussi violents soient-ils. Sinon, nous sommes voués à être, comme le suggèré John Stuart Mill dans de la liberté, aussi sensibles que « des machines à vapeurs » reproduisants ce qu’on lui « programme » et non ce qu’elle entend.



Un matin comme les autres…

 Il y a bien des matins où je me lève avec peine, celui là en faisait partie. Non pas que je n’en eu pas envie, mais plutôt que je fus prise d’une grande fatigue. Je me lève alors et j’écoute toujours les mêmes horreurs à la radio. Une fois que les journalistes ont déclamé maintes guerres et crimes, ils passent aux choses sérieuses: la rentrée des classes, les prix qui augmentent, le retour des vacances… Que de choses passionnantes afin de faire oublier les horreurs précédentes. Une fois l’auditeur satisfait de ces bonnes nouvelles, il part travailler. Moi, je n’écoute que d’une oreille et je pourrais presque deviner les nouvelles du jour si le son se coupait là, maintenant. C’est par ici que commence l’aliénation d’un monde, d’un peuple. C’est parce que les ordres s’exécutent grâce à l’ouïe que la radio prônent son influence de part son ton démagogique.

  je dois aller chercher quelques choses en ville. le MP3 sur les oreilles, les mains dans les poches et le sac à main bien fermé, car je fais partie de ces femmes qui craignent l’arrivée d’un mal à n’importe qu’elle moment, de ces femmes qui tiennent à leur sac à main au risque d’en payer de leur vie. Parce que je vis dans la peur, comme tout le monde aujourd’hui, je n’ai regardé personne. J’ai pris le bus direction la ville. je fais l’impasse de mes inintéressants achats. C’est ensuite à cette arrêt de bus que cela se produisit. Trois femmes des forces de l’ordre arrivent face à une SDF, probablement immigrée. « qu’est-ce que vous faites là? Dégagez, vous n’avez rien à faire ici! » La femme rétorqua dans un français difficile, que son enfant (avec elle à ce moment) devait pouvoir manger, qu’elle avait besoin d’argent. « Oui, bah vous n’avez qu’à travaillez! » puis se tournant vers ses collègues « c’est vrai quoi, elle a cas bosser si elle ne veut pas mendier avec son gosse! ». Instinct maternel cruel ou abus de pouvoir pervers? La femme partit, sans autre défense que les regards vides autour d’elle, regards livides effleurant son malheur d’un coup de pupille, puis retournant à leur commodités quotidiennes. Je ne nies pas que je faisais partie de ces regards, mais bientôt le mien se remplit de haine, si bien que je me mis à regretter de n’avoir rien fait. Mais que faire lorsque nous sommes seuls? C’est le schéma classique qui se dessine dans la tête de chacun, et voilà pourquoi rien ne bouge. Protégées derrière leurs insignes, ces trois femmes faisaient honneur (ou plutôt horreur?) à leur profession, dégoûtant un peu plus la populasse des injustices. Pour moi, cela m’a déterminée à ne plus me taire. Ces femmes font honte à la gentes féminine. Celles qui se battent jour après jour pour leur droits, se retrouvent face à de tels outrages. Celles qui se disent être moins corrompue par le pouvoir que le sexe opposé, se retrouvent devant de telles femmes avilies par ce dernier. cela montre bien que nous sommes l’égal de l’homme et que nous n’en sommes pas plus intelligentes.

   Mais si nous voulons relevez le niveau de l’Homme en général, avec un grand « h », il nous faut plus que de l’assurance, il nous faut quitter ce carcant propicice à l’abnégation, la propagande et l’aliénation. Nous devons relever le tête, face contre ciel et non contre terre, ne pas remper face au ténèbre du système mais plutôt se lever vers les lymbes de la liberté. Choisir sa voix et se battre, se battre pour elle.



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